La mixité, un vecteur de lien et de qualité de vie dans les quartiers

L’expérience des dernières décennies et la crise sanitaire ont démontré combien les quartiers monofonction présentaient des problèmes et des limites. C’est notamment pourquoi la mixité est de plus en plus privilégiée lorsqu’il s’agit de (re)développer des territoires. Le concept est déjà bien ancré à l’échelle de certains quartiers, et se décline désormais au sein même des habitations.

Multiplication des déplacements et des embouteillages, problèmes de sécurité, pertes de temps, occupation peu efficiente des espaces … Les quartiers à usage unique sont bien malgré eux à l’origine de problématiques qui nuisent à la qualité de vie, à l’environnement et même à l’économie. Ce constat n’est pas récent mais l’obsolescence des quartiers monofonction a encore été accentuée par la crise sanitaire, lors de laquelle des zones entières de bureaux et de commerces sont par exemple devenues vides ou peu fréquentées durant de longs mois.

Pour Laurent Tirot, CEO d’Equilis France, il n’y a plus de raisons aujourd’hui de développer des quartiers à usage unique : « Désormais, quand une personne ou une famille cherche un lieu pour habiter, l’un de ses critères est d’avoir à proximité des services tels que la santé, la culture, l’éducation,… C’est d’autant plus important pour les personnes âgées, ou encore si l’on veut limiter l’usage de la voiture. »

Mixité de fonctions et de logements

Conscients de ces besoins, certains promoteurs comme Equilis se sont mis à créer des quartiers intégrant une mixité de fonctions. Il peut s’agir par exemple de réunir du résidentiel et des commerces comme aux Papeteries de Genval et à Court Village en Belgique, ou encore de faire cohabiter des logements et des bureaux comme au sein de La Canopée à Sophia Antipolis, en France.

« Cette dernière zone est avant tout un technopole mais en y implantant du résidentiel, on permet aux travailleurs d’éviter le navettage », précise Laurent Tirot.

Outre leurs diverses fonctions, ces projets appliquent aussi le principe de mixité au niveau des parcours résidentiels. Aux côtés des logements sociaux dont la présence est obligatoire dans certains pays, on retrouve au sein d’un même quartier ou immeuble des logements pensés pour les primo-accédants, d’autres pour les investisseurs qui vont ensuite soutenir le marché locatif, etc.

« Cette mixité de parcours résidentiels est essentielle, notamment en matière d’accès au logement », poursuit Laurent Tirot.

Des espaces créateurs de liens

En bref, la mixité est un concept qui répond à plusieurs besoins et peut se décliner dans de nombreux domaines. Laurent Tirot constate par exemple qu’aujourd’hui, elle peut s’appliquer à l’échelle d’une résidence :

« Avec le Covid-19 et la multiplication des services en ligne, le logement n’est plus seulement un lieu où l’on habite mais aussi à l’on travaille, où l’on effectue et se fait livrer ses achats, etc. »

On pourrait envisager que le digital remplace progressivement la mixité dans les quartiers mais selon le CEO d’Equilis France, cette hypothèse est peu probable :

« Comme on l’observe déjà, certains services et expériences physiques restent nécessaires, et les villes heureuses sont celles où il y a avant tout de la vie, des rencontres. Notre métier de développeur ne consiste donc plus seulement à construire des espaces et des biens, mais aussi à créer cette expérience du lien au sein de nos projets immobiliers. »

Cette économie axée sur le lien transparaît aujourd’hui parfaitement dans les quartiers mixtes, où les différentes fonctions s’enrichissent entre elles, animent l’espace et permettent aux habitants comme aux utilisateurs de s’approprier ces lieux, de s’y sentir bien.

Autres

Partager sur